The Witcher doit beaucoup à BioWare, qui lui a prêté son moteur et son stand à l’E3

Après l’annonce de la fermeture de BioWare, CD Projekt Red détaille ce que son premier Witcher doit au studio canadien : un moteur, des conseils et un stand.

The Witcher doit beaucoup à BioWare, qui lui a prêté son moteur et son stand à l’E3
Photo d’illustration. Des développeurs installés à leur poste de travail face à leurs écrans.

En bref

  • Electronic Arts a officialisé la fermeture de BioWare le mercredi 21 octobre, avec l’annulation du prochain Mass Effect.
  • CD Projekt Red a publié son hommage le lundi 26 octobre, pour les 19 ans du premier The Witcher.
  • BioWare avait prêté son moteur Aurora Engine et offert une place sur son stand à l’E3.
  • The Witcher 4 est visé pour 2028, avec plus de 500 développeurs sur le projet.

Un studio disparaît tandis qu’un autre se remémore son passé : cette scène en dit long sur la manière dont naissent les jeux vidéo. Le mercredi 21 octobre, Electronic Arts a confirmé que BioWare fermait ses portes, et le prochain Mass Effect est donc abandonné. Cinq jours après, soit le lundi 26 octobre, date anniversaire des 19 ans du premier The Witcher, CD Projekt Red a diffusé un message sur les comptes X et Bluesky de la saga afin de rappeler sa dette envers son aîné canadien, ainsi que l’a souligné Numerama.

Le texte s’ouvre ainsi : « Il y a 19 ans, le rêve ambitieux d’adapter une saga littéraire emblématique en jeu vidéo prenait vie avec la sortie de The Witcher. » Le studio polonais y cite trois formes de soutien : le prêt du moteur Aurora Engine, le partage de connaissances et un espace sur le stand de BioWare à l’E3. Ces trois gestes, selon lui, ont permis de concrétiser sa vision de la première aventure interactive de Geralt.

Un pari de 3 000 boîtes qui a lié deux studios

Cette relation est antérieure à The Witcher. L’aide apportée par BioWare est évoquée dans une vidéo de Noclip mise en ligne en octobre 2017, intitulée « L’histoire de CD Projekt, Documentaire The Witcher ». Au départ, CD Projekt s’est fait une place sur le marché polonais comme distributeur de jeux, qu’il proposait localisés pour le public du pays. Son pari le plus risqué concernait le premier Baldur’s Gate, créé par BioWare et paru en 1998, dont l’édition polonaise est sortie en 1999.

3 000exemplaires de la première commande de Baldur’s Gate, que CD Projekt devait assumer seul
50 000+exemplaires vendus la première année de la version polonaise

D’après son cofondateur Marcin Iwiński, cette commande risquait de faire sombrer la jeune société si les ventes n’étaient pas au rendez-vous. CD Projekt a donc peaufiné son édition : les voix ont été enregistrées en polonais par des professionnels, et un coffret collector l’accompagnait. Les ventes ont largement dépassé l’investissement initial.

Du moteur Aurora au stand de l’E3

Encouragée par cette réussite, l’entreprise a souhaité concevoir ses propres jeux. CD Projekt Red est né en 2002, une fois acquis les droits d’adaptation des romans The Witcher écrits par Andrzej Sapkowski. Il fallait encore fabriquer un jeu avec peu de ressources, et BioWare est alors venu en aide au studio.

  1. Naissance de CD Projekt Red, qui détient déjà les droits d’adaptation des romans de Sapkowski.
  2. Pour économiser des ressources, CD Projekt demande à BioWare d’utiliser son moteur graphique Aurora Engine.
  3. Séduit par le projet, BioWare offre à CD Projekt un emplacement sur son stand lors de l’E3, à Los Angeles.

Le dossier ne donne pas de date précise pour ces deux dernières étapes, seulement leur ordre. Il suffit pourtant à montrer qu’un studio déjà établi a tendu la main à un nouveau venu, à la fois sur le plan technique et sur celui de la visibilité.

Deux trajectoires qui se croisent à rebours

Le contraste est saisissant aujourd’hui. CD Projekt Red prévoit de sortir The Witcher 4 en 2028, avec plus de 500 développeurs affectés au projet. De son côté, BioWare n’employait plus qu’environ cinquante personnes lors de sa fermeture. Le studio qui avait entrouvert une porte à CD Projekt à ses débuts s’éteint donc au moment où son ancien protégé prépare l’une des productions les plus ambitieuses du genre.

Photo : cottonbro studio / Pexels

Sandrine Maillochon

Sandrine Maillochon

Sandrine Maillochon a passé quinze ans au support d'un fournisseur d'accès à Internet, à démêler des box capricieuses et des factures mal comprises. Elle écrit pour GeekHard sur Internet au quotidien : services en ligne, box, arnaques et vie privée. Elle teste chaque réglage sur son propre compte avant de le recommander. Le week-end, elle cuit son pain et le partage avec ses voisins.