Informatique

Linux 7.3 : ce que les optimisations du planificateur peuvent changer pour les jeux sur anciens PC

Linux 7.3 prépare des ajustements du planificateur CPU. Un test sur une ancienne configuration montre surtout une réduction marquée des chutes de performances, mais ses résultats restent à confirmer sur d'autres machines.

Linux 7.3 : ce que les optimisations du planificateur peuvent changer pour les jeux sur anciens PC
Photo d'illustration de Ron Lach sur Pexels.

Linux 7.3 doit intégrer plusieurs optimisations de son planificateur CPU, un composant qui répartit les tâches entre les cœurs du processeur. Pour les joueurs utilisant un ordinateur ancien, les premiers résultats disponibles suggèrent surtout un changement concret lors des ralentissements les plus marqués. Ils ne permettent pas encore de conclure à un gain identique dans tous les jeux ni sur toutes les configurations.

Le test mis en avant porte sur Shadows: Awakening, exécuté avec un Intel Core i7-2600K de 2011 et une Radeon RX 580 de 2017. Dans cette configuration précise, le nombre minimal d’images par seconde passe de 4 à 29, tandis que la moyenne progresse de 47,5 à 59,2 images par seconde. Ces mesures, rapportées par Les Numériques à propos des gains observés avec Linux 7.3, placent l’amélioration la plus visible du côté des chutes ponctuelles de performances.

Moins de ralentissements, plutôt qu’un simple compteur de FPS plus élevé

La hausse de la moyenne, d’environ 25 %, est notable, mais elle ne résume pas à elle seule l’intérêt de ces modifications. Dans un jeu, une moyenne correcte peut coexister avec des à-coups lorsque certaines images prennent beaucoup plus de temps à s’afficher que les autres. Ce sont précisément ces épisodes qui rendent une partie moins régulière, y compris lorsque le nombre moyen d’images par seconde semble convenable.

Écran d'ordinateur affichant un graphique de performances de jeu
Illustration de mesures de performances à l’écran, sans correspondre aux résultats du benchmark cité. Photo: ThisIsEngineering / Pexels (Pexels License)

Dans le benchmark cité, le temps d’affichage moyen passe de 34 à 17 millisecondes. Son maximum descend de 121,2 à 30 millisecondes. Ces chiffres décrivent une baisse des pics les plus importants dans ce scénario. Pour le joueur, cela peut se traduire par moins de saccades durant les passages les plus exigeants, sans que cela implique une transformation automatique du comportement de tous les titres.

Le facteur d’environ 7 à 7,25 concerne donc le nombre minimal d’images par seconde, passé de 4 à 29, et non les performances globales du jeu. Cette distinction est importante : le nombre maximal mesuré, lui, ne change pas dans les résultats disponibles. L’enjeu des travaux semble ainsi être la stabilité de l’exécution autant que l’augmentation de la moyenne, un sujet central dans les usages liés au jeu vidéo.

Le planificateur CPU au cœur des changements annoncés

Les optimisations en préparation visent la latence et la répartition des tâches. Le planificateur décide quels travaux sont exécutés par quels cœurs et à quel moment. Une distribution plus efficace peut limiter certaines attentes, ce qui compte lorsque plusieurs tâches du système et du jeu sollicitent le processeur en même temps.

Écran d'ordinateur affichant un graphique de performances de jeu
Illustration de mesures de performances à l’écran, sans correspondre aux résultats du benchmark cité. Photo: ThisIsEngineering / Pexels (Pexels License)

Ces travaux concernent notamment les processeurs Intel hybrides, qui associent différents types de cœurs, appelés P-Cores et E-Cores. Selon les éléments publiés sur les optimisations prévues du planificateur, l’objectif porte aussi sur l’efficacité de cette répartition. Il serait toutefois prématuré d’en déduire un effet mesuré pour chaque processeur hybride : le benchmark disponible utilise un Core i7-2600K, qui appartient à une génération antérieure à ces architectures.

Ce qu’il faut attendre avant de généraliser ces résultats

Les chiffres proviennent d’un seul jeu et d’un seul ensemble processeur-carte graphique. Ils offrent un indicateur utile sur le potentiel des changements, particulièrement pour une machine ancienne, mais ils ne constituent pas une garantie pour un autre PC. Le comportement d’un jeu dépend aussi de son moteur, de ses réglages, de la carte graphique et des charges actives en arrière-plan.

Des mesures sur d’autres jeux et d’autres architectures seront nécessaires pour établir l’ampleur réelle de l’amélioration. En l’état, Linux 7.3 se distingue moins par une promesse universelle que par un signal encourageant : des ajustements du système peuvent améliorer sensiblement les pires ralentissements dans certaines conditions, y compris sans remplacer immédiatement un matériel vieillissant.

Photo à la une: Ron Lach sur Pexels (Pexels License).

Julien Pelletier

À propos de la signature

Julien Pelletier

Julien Pelletier est rédacteur pour GeekHard, le fanzine haute tension de la culture pop. Jeux vidéo, cinéma, séries, gadgets: il branche tout ce qui s'allume et raconte ce qui vaut vraiment le détour. Le ton est direct, les critiques assumées.